#BrandTalk : les nouveaux visages de la banque de demain

Home Blends & Trends 4 septembre 2018

Le 20 juin 2018, fifty-five organisait un échange informel autour du secteur bancaire et financier, le troisième de la série des « BrandTalks » ! Ce format de club de discussion libre a pour objectif de réunir des acteurs aux profils très divers, pour que chacun puisse se nourrir du point de vue de l’autre, sur des sujets en lien avec le digital, l’innovation et la data.

Le sujet de ce BrandTalk : les nouveaux visages de la banque de demain. fifty-five a réuni pour l’occasion des banques de réseau, comme la Société Générale, La Banque Postale, ou encore Crédit Mutuel Arkéa, mais également des néo-banques et FinTech, telles que N26, Bruno, Yomoni, Pumpkin, Revolut ou encore manager.one. Enfin, l’association France FinTech ainsi que Facebook étaient également présents pour apporter leur expertise lors du débat.

Mobile banking et open banking : quand le vent de l’innovation souffle sur la banque

Tout d’abord, revenons sur deux tendances récentes qui ont poussé les banques dans une nouvelle recherche d’innovation : le mobile banking et l’open banking.

Qu’est-ce que le mobile banking ?

Le concept de mobile banking (ou banque mobile) fait référence aux nouveaux services bancaires accessibles via des applications disponibles sur mobile ou sur tablette. Également appelées néo-banques, ces banques digitales poussent le concept de dématérialisation encore plus loin que les simples banques en ligne.

Exemples de services proposés : ouvrir un compte-courant, commander sa carte (parfois gratuitement) ou déclarer sa perte, effectuer des transactions instantanées, prendre une assurance à l’étranger… tout cela via son smartphone.

Qu’est-ce que l’open banking ?

L’open banking repose sur le concept d’ouverture et de partage des données entre les différents acteurs bancaires, notamment grâce aux API. Ces données peuvent ainsi être récupérées par d’autres acteurs bancaires, leur permettant de créer de nouveaux services et produits. Les informations recueillies peuvent par exemple concerner : les emplacements d’agences bancaires, de distributeurs, les virements effectués, les opérations bancaires effectuées…

L’open banking est rendu possible par la directive européenne sur les services de paiement, adoptée le 13 novembre 2007, et remplacée en 2015 par la directive sur les services de paiement, communément appelée DSP2 (2015/2366/UE).


Les Fintechs arrivent avec une vision orientée vers les nouveaux usages et l’expérience utilisateur, et l’open banking leur ouvre la voie. En effet, « plusieurs millions de français ont déjà donné leur identifiant et mot de passe de gestion de compte à des agrégateurs bancaires. Les acteurs français sont en pointe en Europe sur ce segment hautement stratégique », souligne Alain Clot, président de France FinTech.Les nouveaux comportements clients, l’évolution de la réglementation et par dessus tout la digitalisation font souffler le vent du changement sur l’industrie bancaire.
Aujourd’hui, facile d’effectuer un virement instantané via un numéro de mobile, ou de recevoir une carte bleue sans passer par une agence !

L’industrie bancaire évolue sous la poussée de nouveaux acteurs

Au fil des échanges, trois grandes tendances de fond sont revenues lors des discussions :

  • L’évolution des comportements des utilisateurs : ceux-ci privilégient les services en ligne, tout en souhaitant garder la possibilité de parler avec un conseiller. Comme le précise un expert digital au sein d’une banque de réseau « Les clients veulent plus d’autonomie, mais ils veulent toujours parler de leurs projets à quelqu’un : c’est là où le conseiller reste indispensable ».
  • Un meilleur accès aux informations pour les consommateurs : 32 % des français considèrent par exemple en savoir plus que leur conseiller sur la gestion de leur budget (Deloitte, 2016).
  • Enfin, de nouveaux entrants sur le marché, ouverts et 100 % en ligne, qui « disruptent » le secteur et grapillent des parts de marché. On dénombrait déjà plus de 170 FinTech en France en 2017 !

Les nouveautés attirent une clientèle friande d’innovations, comme le fait de pouvoir payer sans frais en devises étrangères. En effet, la vision « customer centric » est la nouvelle norme ! « Aujourd’hui, on a dépensé zéro euro en marketing! Les clients arrivent sur le site à travers notre proposition la plus originale, celle que l’on ne trouve pas partout » souligne Benjamin Belais, DG France de Revolut.

Mais les FinTechs n’ont pas tout inventé ! Alain Clot rappelle justement que « même si les FinTech bousculent utilement les acteurs traditionnels, ce sont les banques qui ont amené les consommateurs sur Internet au départ et qui ont inventé les premières néo-banques ». Dans le monde, 7 internautes sur 10 utilisent déjà un service de banque en ligne, qu’il s’agisse de leur banque traditionnelle ou d’une néo-banque (Global WebIndex Survey, 2017).

Transparence, confiance et « humain » restent au centre du contrat entre les banques et leurs clients

Tandis que les nouveaux entrants tirent les frais bancaires vers le bas, les clients réclament également plus de clarté sur l’ensemble des frais associés à leurs services. Les consommateurs sont plus exigeants : « Il est dommage que la tarification soit ressentie comme subie, et non pas comme la juste rétribution d’un service. Les agios par exemple sont vus comme de simples paiements punitifs », explique un expert digital. Les banques ont donc tout intérêt à jouer le jeu de la confiance et de la transparence. Bien sûr, le prix n’est pas le seul (ni le premier) critère. « Les clients favorisent l’expérience utilisateur sur le prix », relève Alexandre Giros, Directeur du Digital à La Banque Postale.

D’autre part, l’humain reste au coeur des préoccupations des clients : ainsi, la proximité d’une agence reste souvent un critère déterminant dans le choix de sa banque principale. Un paradoxe, surtout lorsqu’on sait que les clients se rendent de moins en moins en agence et profitent des services en ligne, plus pratiques. Pour Jérémie Rosselli, General Manager France de N26, cela rappelle « la crise des distributeurs automatiques dans les années 1970, qui a engendré une transformation en profondeur du secteur bancaire, des services, des produits, pour pouvoir se différencier ».  

Trouver la bonne alchimie entre digital et humain n’est-elle pas la clé de réussite ? C’est ce que font par exemple Yomoni et Bankin’ avec leur service multi-chat. « Epargne, prêt, questions courantes… À chaque question ou projet, un expert différent répond selon le service ou le produit concerné » explique Sébastien d’Ornano, fondateur et CEO de Yomoni.  Autre exemple, le nom de la startup Bruno, qui fait notamment référence à la popularité de ce prénom dans les années 1960 : « Bruno pourrait être votre conseiller bancaire ! », explique son co-fondateur et CTO, Louis Chavane.

Banques de réseau et FinTech : deux acteurs qui finalement se complètent et font évoluer le métier de la banque à leur façon. « Je ne pense pas que l’un de nous tuera l’autre, mais plutôt que la concurrence stimule l’activité », nous dit Alexandre Giros. Le secteur bancaire n’a donc pas fini de nous surprendre !

(Retrouvez tous les dessins réalisés par Deligne pendant ce BrandTalk sur Tumblr !)

Vous reprendrez bien une tasse de thé ?